Portrait de Colette Benichou-Maury

Colette Benichou-Maury

De l'Opéra Garnier aux coulisses de la vie : une femme qui met l'humain au cœur de chaque rencontre.

Ce qui me définit

Adjectifs

Audacieuse, instinctive, chaleureuse, résiliente, curieuse, généreuse, déterminée, hypersensible, décalée (dans le bon sens), inébranlable

Mes valeurs

La famille, le partage, la foi dans la vie, l'honnêteté, l'instinct, la générosité, la responsabilité personnelle, l'humain avant tout

Je m'appelle Colette, et si tu me demandes ce que je fais dans la vie, je pourrais te parler de chiffres, de produits, de transactions. Mais ce serait passer à côté de l'essentiel. Ce que je fais vraiment, c'est créer des liens. Transformer une simple rencontre en quelque chose de vivant, d'authentique. J'ai toujours pris plaisir à ça, avec le sourire, même quand la vie ne m'a pas fait de cadeaux. Et elle ne m'en a pas toujours fait, crois-moi. Mais en le disant, j'ai presque l'impression d'être ingrate, parce que toutes les épreuves que j'ai surmontées m'ont appris bien plus qu'elles ne m'ont accablée. À chaque montagne à gravir, une petite voix finissait toujours par me souffler le pourquoi, et ça allégeait la douleur. Alors voilà mon histoire, telle qu'elle s'est présentée à moi, avec ses éclats de lumière et ses moments où, pour laisser mon instinct parler plus que la raison, j'ai eu à signer des décharges, au sens propre comme au figuré.

Chapitre I

Maman, les sans-abris et la corbeille de fruits pleine

BD chapitre 1

J'ai longtemps cru que nous étions riches, jusqu'à mes dix-huit ans, quand maman m'ouvrit les yeux avec des mots qui, réunis bout à bout, avaient la légèreté d'un vol de colibris : eh oui, c'est tout un art de vie, ma chérie. Papa était petit fonctionnaire aux PTT, unique salaire du foyer, et les fins de mois, c'était les fins de mois. Maman, elle, ne travaillait pas officiellement, mais ses journées étaient bien pleines. Couturière, cuisinière, décoratrice d'intérieur, enseignante investie, et bien d'autres choses encore une fois que nous avions eu tout ce qu'il nous fallait. Elle avait ce don rare de transformer le peu que nous avions en quelque chose qui ressemblait à de l'abondance, de transformer le caillou en diamant.

Il y avait toujours une belle coupe de fruits au milieu de la table de la cuisine. Pas ostentatoire, juste le nombre exact de fruits correspondant au nombre de convives : trois bananes, trois oranges, trois poires. Jamais plus, jamais moins. Je n'avais jamais vu ça chez mes copines. Pour moi, c'était la preuve que notre maison était vivante, accueillante, prête à recevoir. Et recevoir, elle savait faire. Dès l'automne, maman ramenait des sans-abris à la maison, parfois un homme, parfois une femme, qui partageaient notre table sans que rien ne change dans nos assiettes. Elle les nourrissait, les accueillait, leur rendait un peu de dignité. Avec le temps, ça me semblait naturel, parce qu'elle ne faisait pas ça avec une étiquette sur le dos, jamais avec le mot bénévole qu'elle ne supportait pas. Elle avait mission de changer un peu le monde, ce monde qu'elle ne trouvait pas à son goût, alors elle trouvait toujours le moyen d'y mettre du merveilleux.

Un jour, elle a permis à un monsieur polonais qui ne comprenait pas un mot de français de sortir de prison. Sa sœur, caissière dans une épicerie du quartier, lui avait confié son désespoir face à l'injustice que vivait son frère. Maman avait pris tous les renseignements, trouvé un interprète, et dénichée l'avocat des causes perdues, comme elle disait. L'homme était sorti disculpé, son honneur sauvé. C'était comme ça, c'était elle.

À cette période, papa, qui trouvait que maman avait des doigts de fée, lui avait offert l'opportunité d'avoir pignon sur rue près de l'Opéra Garnier. Elle exposait dans la vitrine d'une mercerie de quartier ses créations en laines fines comme du fil, agrémentées de fils d'argent ou d'or, des robes de soirée au tricot d'une beauté saisissante qui avaient un succès fou. Sauf que maman n'arrivait pas à leur donner une valeur marchande. Quand une cliente arrivait enfin à la fatidique question du prix, maman trouvait le moyen de lui répondre : écoutez, je conçois que ce soit difficile à chiffrer, alors je vous l'offre. Lors des bilans, papa comprit que maman n'était pas mercantile, et elle n'eut plus sa vitrine. Elle décida alors de faire découvrir Paris aux touristes en leur proposant ses tricots d'art, et c'est ainsi que j'ai foulé pour la première fois les marches grandioses de l'Opéra Garnier, avec la sensation d'être une princesse, les yeux de maman qui brillaient et son parfum Chanel n°5 qui flottait dans l'air du grand escalier. C'est en observant les danseuses du Lac des Cygnes que la vocation a germé en moi. Maman l'a compris, et j'ai pu entrer à l'école de l'Opéra, essayer mes demi-pointes sur le parquet des salles de cours, apprendre la discipline, sourire en ayant les pieds en feu, jusqu'au jour où mes deux pieds se sont pliés en deux et qu'il a fallu renoncer à être danseuse étoile. J'ai gardé le mot étoile au fond du cœur, en attendant.

Étant la petite dernière, j'ai connu une maman à l'apogée de sa vie, une femme qui avait déjà tout donné aux autres et qui savait exactement quelles clés me transmettre. La plus importante, celle qu'elle répétait sans en faire un discours, c'était celle-là : on naît tous princes et princesses, on est responsable de sa propre vie, et ce qui nous arrive vient souvent de nous-mêmes, dans le bon sens comme dans le mauvais. J'ai compris plus tard que ce qu'elle m'avait vraiment enseigné, c'était à aimer, sans jamais rien attendre en retour, juste offrir, et surtout par les actes. Comme Obélix tombé dans le chaudron, je suis tombée dans le sien, non pas pour être la plus forte, mais pour être assez forte pour survivre à mon hypersensibilité et la mettre au service de l'humain que j'aurais en face de moi. Quand on grandit avec une mère comme ça, on ne voit plus jamais les gens de la même façon, et ça, c'est une richesse que personne ne peut t'enlever.

La morale

Ce qu'on reçoit en héritage — générosité, dignité, présence — devient la boussole de toute une vie professionnelle.

Chapitre II

La secte, le guérisseur, et moi à treize ans sur le rocher de Monaco

BD chapitre 2

À douze ans, ma mère a rencontré un homme place Saint-Michel, à Paris. Impressionnant de stature, charmant et mystérieux à la fois, il l'a abordée avec une audace presque théâtrale. Maman fut immédiatement séduite par le personnage. Et puis, au fil de la conversation, il lui dit percevoir quelque chose qui la chagrinait depuis longtemps, quelque chose qu'elle n'avait pas mentionné. Il avait vu juste : ses lunettes, qu'elle portait depuis l'enfance et qui avaient toujours été son grand complexe. Il lui proposa de lui guérir sa vue par imposition des mains, en faisant intervenir la foi. Maman ferma les yeux, reçut la prière avec beaucoup d'émotion, je la voyais rougir au cou et au visage. Quand elle les rouvrit et qu'il lui tendit un livre pour qu'elle lise, elle constata avec stupéfaction qu'elle y voyait clairement, sans ses lunettes. Elle les lui remit. Quelque chose d'extraordinaire venait de se passer à ses yeux, et les miens d'ailleurs.

C'est ainsi qu'elle est entrée dans la secte du Christ de Montfavet, fondée par Georges Roux, ancien facteur qui avait eu sa révélation en distribuant son courrier à Lunel, un petit village près d'Avignon. L'homme rencontré place Saint-Michel se révéla être Alexandre Daudy, milliardaire bâtisseur d'un empire dans l'emballage, parti de rien, qui avait rencontré Georges Roux lors d'un rallye et en était ressorti émerveillé, avec le regard d'un enfant retrouvé. Il en était devenu le mécène.

Moi, j'avais entre douze et quinze ans, et j'étais partagée entre l'admiration pour ma mère, qui vivait quelque chose d'intense et de sincère à ses yeux, et une inquiétude que je n'arrivais pas vraiment à formuler. Papa souffrait en silence. Il la voyait partir du matin au soir, toujours dehors à vouloir guérir des gens, absente d'une façon ou d'une autre. Me voyant triste de le voir ainsi désœuvré, je me mis à lui tenir compagnie, à préparer ses repas, à l'écouter. C'est comme ça que j'ai vraiment fait sa connaissance, ce papa rassurant, plein d'humour, qui aimait maman comme aux premiers jours. Je décidai même de le distraire en chinant pour lui des tenues plus modernes dans les drugstores des Champs-Élysées, des blazers colorés et des chemises aux teintes pastelles qui lui gagnèrent une bonne dizaine d'années, et dont tous ses collègues lui parlaient. Je voyais sa fierté d'être à mon bras, et nous étions heureux quelques instants.

J'accompagnais aussi maman aux réunions de Montfavet, pour la protéger, par amour, par crainte, les trois à la fois. Le site était magnifique, les gens bienveillants, de tous bords. Et c'est là que les choses deviennent complètement improbables, parce que le mécène de la secte vivait sur le rocher à Monaco, et moi, gamine de treize ans, je me suis retrouvée à nager dans la piscine du prince Rainier et à croiser Caroline de Monaco. C'est paradoxal, rigolo et un peu vertigineux à la fois, cette idée qu'une histoire aussi trouble puisse avoir des épisodes aussi fous.

En 1981, Georges Roux est mort, et avec lui les rêves de maman. Elle capitulait, épuisée moralement, déçue que Dieu puisse mourir. Je n'ai jamais su exactement ce qu'elle avait vécu dans cette secte, ni ce qu'elle y avait vraiment trouvé. Mais ce que j'ai compris en l'accompagnant sans jamais la juger, c'est que l'amour ne demande pas toujours à comprendre. Parfois, être là suffit. Rester aux côtés de quelqu'un qu'on aime, même quand on ne saisit pas tout, même quand ça nous dépasse, c'est une forme de fidélité que les mots n'arrivent pas vraiment à décrire. Et cette façon d'être avec les gens, sans les juger, en restant présente, elle m'accompagne encore aujourd'hui dans tout ce que je fais.

La morale

Accompagner sans juger ceux qu'on aime, même dans l'incompréhensible, forge une empathie que rien d'autre n'enseigne.

Chapitre III

Noureev, l'Opéra Garnier, et la fille qui était revenue

BD chapitre 3

J'avais eu mon bac à quinze ans et demi, pas par hasard, pas par chance, plutôt parce que les clés que maman m'avait données avaient ouvert des portes assez tôt. Mais papa avait appris qu'il était condamné, et sa santé lui jouait un sale tour. Sachant que je poursuivais mes études surtout pour lui faire plaisir, il me proposa de chercher une école qui correspondrait vraiment à ce que j'aimais créer. Une faculté de soins esthétiques ouvrait ses portes en Île-de-France. Je m'y présentai et fus prise sur dossier. Deux ans et demi plus tard, une amie et moi étions remarquées par la maison Dior Paris, sur les Champs-Élysées, où nous avions fait nos stages. Brevet professionnel en poche, la plus belle aventure professionnelle s'ouvrait à moi.

Un jour, on me proposa de maquiller Rudolf Noureev pour Le Sacre du Printemps à l'Opéra Garnier. J'avais un trac terrible, mais une fois lancée je me suis régalée. C'était un personnage très singulier, d'une grande douceur à mon égard, arborant un sourire magnifique pendant que je m'appliquais à peindre sur son corps des racines d'arbres, des branches, des feuilles. Et puis, discrètement, j'y ai glissé un petit colibri. Il l'a remarqué et m'a tendu l'oreille. Je lui ai chuchoté que ce colibri lui permettrait d'avoir sa légèreté durant la prestation. Son clin d'œil m'a rassurée : il avait compris que je voulais qu'il soit meilleur encore, presque aérien, qu'il fasse rêver le spectateur. Je me souvenais combien j'avais moi-même rêvé en regardant le Lac des Cygnes quelques années auparavant, petite fille assise dans ce même Opéra Garnier avec maman. C'était un de ces moments où tu retiens un peu ton souffle sans t'en rendre compte.

En dehors de l'Opéra, je montais sur des plateaux de télévision, j'assistais un chirurgien esthétique, je maquillais des corps de ballet. J'avais toujours pris plaisir à ce travail, parce que chaque visage est une histoire, chaque personne qui te confie son visage ou son corps te fait confiance d'une façon très particulière. Et puis tout s'est arrêté, comme la vie le fait parfois sans prévenir. Papa est mort en moins de six mois. Dévastée, je suis partie me réconforter auprès de ma grande sœur qui vivait dans les Pyrénées. La directrice de la faculté me demandait régulièrement de revenir, la maison Dior appelait souvent pour savoir si je reviendrais, mais certains deuils changent la trajectoire d'une vie entière et on ne peut pas toujours expliquer pourquoi on tourne à gauche plutôt qu'à droite.

Quelques mois plus tard, réalisant que je représentais une bouche de plus à nourrir pour ma sœur et son mari qui tiraient le diable par la queue, j'ai consulté les petites annonces locales et décroché une place de serveuse dans un restaurant de la vallée d'Ossau, puis trouvé un poste chez France Loisirs qui m'envoyait prospecter tout le littoral basque pendant les trois mois d'été. J'avais demandé les quartiers résidentiels, parce que je savais que je m'y sentirais plus à l'aise pour parler culture et livres. Je gagnais à l'époque plus de neuf mille francs par mois en incitant les gens à s'abonner, j'envoyais des mandats à ma sœur, des cadeaux à mes neveux, et je me faisais plaisir aussi. La vie continuait, autrement, mais elle continuait.

Ce que je retiens de ces années-là, c'est que ce qu'on reçoit dans l'enfance finit toujours par revenir sous une autre forme. Maman m'emmenait à l'Opéra en me racontant la Traviata ou Carmen avec son Chanel n°5 et ses yeux qui brillaient. Des années plus tard, je me retrouvais dans les coulisses de ce même Opéra Garnier à peindre le corps de Noureev. La vie a cet humour-là, parfois, et j'ai appris à le voir comme un cadeau plutôt que comme une coïncidence. Chaque détail compte, chaque rencontre parle, et il suffit d'apprendre à l'écouter.

La morale

Les rêves d'enfance ne disparaissent pas : ils reviennent sous d'autres formes, plus grands et plus vrais encore.

Chapitre IV

Cinq jours à chercher ma fille, et une leucémie en prime

BD chapitre 4

C'est l'histoire que j'ai du mal à raconter, parce qu'elle ressemble à ces faits divers qu'on lit dans le journal en se disant que c'est impossible que ça vous arrive. Et pourtant.

En 2016, un dimanche après-midi qui s'annonçait paisible, ma fille cadette est sortie retrouver sa meilleure amie qui habitait à cinquante mètres de chez nous, dans notre village du Lauragais. Elle avait laissé son portable sur la table du salon, ce qui m'avait tout de suite alertée, parce qu'une jeune fille ne laisse pas son téléphone comme ça. Vers vingt heures, c'est l'amie qui sonnait à notre portillon pour demander à la voir. Elle n'était jamais arrivée. La boulangère du village avait vu quelque chose : ma fille abordée par deux personnes qui l'auraient fait monter dans une voiture.

J'ai appelé la gendarmerie de Revel, qui m'a renvoyée vers celle de Caraman, qui m'a renvoyée vers le commissariat de Toulouse. Le week-end, tout le monde se renvoyait la balle et prenait mon inquiétude par-dessus la jambe. Personne ne faisait rien. Alors j'ai fait, moi. Je me suis rendue au commissariat à Toulouse et j'ai expliqué calmement mais fermement que je ne sortirais pas tant que ma plainte ne serait pas prise en compte. Un commissaire a fini par m'recevoir dans son bureau, m'a écoutée avec attention, et en regardant les photos que j'avais éditées depuis les réseaux sociaux, il a reconnu une femme habituée à kidnapper de jeunes filles, une femme grande et imposante, schizophrène, trafiquante de drogue, avec déjà plusieurs kidnappings à son actif. Il allait faire le nécessaire, mais à dix-sept heures les investigations s'arrêtaient.

J'ai contacté mon frère qui travaillait aux affaires étrangères. Il m'a dit fermement d'aller à la préfecture avec tous les éléments en main et de demander que les photos soient envoyées aux frontières maritimes et aériennes. Sur le chemin, mes jambes se dérobaient sous moi, j'enchaînais les malaises vagaux, le père de ma fille me soutenait. À la préfecture, le directeur nous a reçus avec professionnalisme et empathie, a pris acte de tout, et j'ai vu sous mes yeux les photos partir. Je suis repartie rassurée mais épuisée.

Cinq jours plus tard, très tôt un matin, j'ai eu une sorte de révélation. J'ai réveillé mon ex et lui ai dit que je croyais savoir où était notre fille. Nous nous sommes rendus dans un quartier de Toulouse, chacun à un bout de rue. C'est lui qui l'a trouvée, dans un bar, maintenue là-bas depuis des jours. Ma fille était dans un état second, le regard vide, à peine capable de parler tant elle pleurait. Une fois hospitalisée, les analyses ont révélé qu'elle avait été droguée à la cocaïne, à l'alcool et au GHB, la substance qu'on appelle la drogue du violeur, qui disparaît normalement après huit heures dans l'organisme. Il en avait fallu beaucoup pour qu'elle apparaisse encore dans ses analyses. Elle a mis du temps à s'en remettre.

Et pendant tout ce temps, en parallèle, l'Oncopole de Toulouse m'avait diagnostiqué une leucémie foudroyante. Plus de plaquettes. Les médecins me proposaient une radiothérapie en premier temps, puis certainement une greffe de moelle osseuse. J'ai refusé. Ah non, c'est impossible, je n'ai pas le droit d'être malade, je dois sauver ma fille. Le médecin m'a répondu que pour sauver ma fille, il me fallait être vivante. Je suis partie quand même. Pas par inconscience, pas par bravade, mais parce que ce n'est pas moi que je devais sauver à ce moment-là.

Six mois à être au chevet de ma fille, à la réconforter, à la suivre, à la voir refaire surface petit à petit, et je refaisais surface à mon tour. Les malaises avaient disparu. Par acquis de conscience, j'ai consulté mon médecin de famille, qui a comparé les deux dossiers et s'est gratté la tête en me confiant qu'il avait l'impression de lire deux dossiers appartenant à deux personnes différentes. Tout était rentré dans l'ordre. Il a préconisé un suivi tous les six mois pendant deux ans. Rien n'est apparu. Tout allait bien. Ma fille aussi.

Je ne sais pas exactement ce qui s'est passé. La foi dans la vie, l'instinct d'une mère, le fait de ne pas avoir le temps d'avoir peur. Ce que je sais, c'est que je me suis toujours sortie des situations compliquées, pas parce que je suis extraordinaire, mais parce que j'ai appris très tôt que tout ce qui arrive a sa raison d'être, et que le verre à moitié plein n'est pas une posture, c'est une décision qu'on prend chaque matin. Braver les obstacles avec le sourire, ce n'est pas nier qu'ils existent. C'est choisir de ne pas les laisser décider à ta place. Et ce choix-là, je l'ai fait mille fois, et je le referai mille fois encore.

La morale

Face à l'impossible, l'instinct maternel et la foi dans la vie s'avèrent plus puissants que la peur ou la maladie.

Chapitre V

De la Caisse d'Épargne à Nogent-sur-Marne, ou comment on apprend à écouter vraiment

BD chapitre 5

Après tout ça, après 2016 et ce qu'il avait fallu traverser, j'avais besoin de me reconstruire d'une façon concrète. J'avais aussi besoin de sécurité, de stabilité, de savoir que demain serait prévisible. Maman solo avec une fille à relever, c'est un équilibre fragile qu'on apprend à maintenir en adaptant chaque jour ses priorités. C'est à ce moment-là que j'ai cherché une place dans la fonction publique, quelque chose qui me permettrait de combiner un revenu stable avec des horaires que je pourrais ajuster à la vie de mes enfants.

J'ai trouvé à la Caisse d'Épargne une position en relation client et conseil. Ce n'était pas l'esthétique, ce n'était pas l'Opéra, mais c'était un endroit où je pouvais mettre en pratique ce que j'avais appris : écouter vraiment, comprendre le besoin véritable derrière la question posée, accompagner quelqu'un dans une décision importante sans jamais le juger. Chaque client qui franchissait la porte était une histoire. Il y avait celui qui venait placer ses économies avec la crainte de mal faire, celle qui cherchait à financer un projet et ne savait pas par où commencer, celui qui avait peur de l'avenir et qui espérait une voix rassurante. Mon rôle n'était pas de vendre des produits financiers, c'était de créer une relation de confiance assez solide pour que la personne en face de moi se sente entendue et accompagnée.

J'ai appris à poser les bonnes questions, à écouter ce qui n'était pas dit, à identifier les vrais besoins sous les demandes apparentes. Pendant ce temps, je m'organisais pour être présente pour mes enfants. Les horaires étaient tôt le matin ou en soirée, adaptés à la vie familiale, et même si c'était exigeant, ça m'a forgée une discipline, un sens des priorités, une capacité à tenir sur la durée. Je ne suis pas de celles qui abandonnent quand c'est difficile. Je suis de celles qui trouvent le moyen de faire tenir les choses ensemble, même quand les pièces du puzzle ne semblent pas s'emboîter.

Ces années à la Caisse d'Épargne m'ont confirmé quelque chose que je savais déjà : les métiers qui demandent de la technique, c'est bien, mais les métiers qui demandent de l'humanité, c'est là que réside la vraie valeur. Une personne peut apprendre la finance, apprendre à calculer un taux d'intérêt, apprendre les règles. Mais créer une relation de confiance, sentir quand quelqu'un a besoin qu'on lui dise que tout ira bien, comprendre la peur sous-jacente et la transformer en sérénité, ça, on ne l'apprend pas dans les livres. C'est une question de présence, d'écoute, et d'une certaine forme d'empathie qu'on cultive au fil des années.

Récemment, j'ai participé à un événement entrepreneurial à Nogent-sur-Marne qui m'a profondément marquée. C'était un moment où j'ai entendu parler d'autres femmes, d'autres hommes, qui avaient compris la même chose que moi : il est possible de réussir en immobilier et en finance sans sacrifier l'humain. Au contraire, c'est en mettant l'humain au centre que la vraie réussite devient possible. Pas la réussite mesurée en chiffres et en commissions, mais la réussite qui se mesure en relations durables, en confiance gagnée, en problèmes résolus avec intégrité.

Ce jour-là, en écoutant ces histoires, en voyant comment d'autres avaient construit leur carrière autour de cette conviction, j'ai senti quelque chose se clarifier en moi. Tout ce que j'avais vécu jusqu'à présent, toutes les détours, tous les apprentissages, tous les moments où j'avais choisi de mettre la personne avant le résultat, tout ça n'était pas une série d'accidents. C'était une trajectoire. Et maintenant, je savais exactement où je voulais aller : vers l'immobilier ou la finance, mais en restant fidèle à ce que j'avais toujours fait, en restant fidèle à moi-même. Créer de la confiance. Écouter vraiment. Accompagner les gens dans les décisions importantes de leur vie. C'est ça, mon métier. Le reste, c'est juste le contexte.

CE QUE JE TE PROPOSE

Tu viens de lire cinq histoires qui n'ont l'air de rien en commun, et pourtant elles racontent toutes la même chose : une façon d'être avec les gens. Chaleureuse, directe, sans hiérarchie, sans peur des situations compliquées, avec le sourire même quand ce n'est pas simple, parce que ça rend les choses plus faciles.

C'est exactement ce que j'apporte aujourd'hui, que ce soit en immobilier, en finance, ou en relation client. Je ne vends pas un produit, je crée une rencontre. J'écoute le besoin véritable, je conseille avec sincérité, et j'ai assez d'expérience de la vie pour ne pas me laisser déstabiliser par grand-chose. J'ai signé des décharges dans des situations bien plus compliquées qu'une négociation immobilière ou qu'un conseil financier, alors braver les obstacles avec le sourire, c'est vraiment ce que je fais, pas ce que je dis faire.

Si tu cherches quelqu'un qui représente ta marque avec authenticité, qui transforme une simple transaction en véritable moment de connexion humaine, et qui revient chaque jour avec la même énergie qu'au premier, alors je crois qu'on a des choses à se dire.

Colette

La morale

Chaque détour professionnel converge vers une seule certitude : la vraie valeur naît d'une écoute sincère et d'une présence humaine authentique.

Mon histoire en images

Bande dessinée complète — Colette Benichou-Maury

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